27. nov., 2017

Vous me direz : à sa qualité et à la variété de l’assortiment. Certes, mais comment en sommes-nous arrivés là ? En bon connaisseur, Jef Van den Steen nous donne la réponse.

 

1re raison : « Chez nous, tous les types de fermentation existent encore. »
La première raison a trait à la fermentation. Pour faire de la bière, le grain doit être transformé en sucre. Dans le monde entier, on brasse de la bière de fermentation basse, que nous connaissons sous l’appellation pils. « Il s’agit de la technique la plus récente », explique Jef, « mais il en existe de bien plus anciennes qui ont disparu pour ainsi dire partout, mais qui sont encore toujours bien vivantes dans notre pays. »

L’Antiquité – vive l’acidité
La plus ancienne technique est la fermentation spontanée. Son application remonte à 6000 avant notre ère, en Mésopotamie. La bière de fermentation spontanée se reconnaît à ses arômes acidulés.

Le Moyen Âge – l’ajout de levure
Vers 1300 de notre ère, les brasseurs ont découvert que la fermentation était plus rapide lorsque le résidu d’un brassin est ajouté au nouveau brassin. « Le temps, c’est de l’argent. Déjà à l’époque… », plaisante Jef. La nouvelle technique de la fermentation mixte (spontanée et avec levure de bière ajoutée) conquiert toute l’Europe. « Sauf le Pajottenland, où l’on s’obstine à rester fidèle à la fermentation spontanée. » Inutile de vous présenter le Lambic…

Le baroque – l’ère de l’amertume
À partir du 17e siècle, les nouvelles techniques permettent d’éliminer entièrement les levures sauvages et d’ainsi faire disparaître les arômes acides. Cette méthode de brassage conquiert l’Europe, elle aussi. Chez nous, en revanche, les bières de fermentation mixte sont toujours au sommet de leur gloire. Pensons par exemple à la Rodenbach, aux brunes flamandes (Vlaams Bruin) et aux rouges-brunes flamandes (Vlaams Roodbruin). Le 18e siècle est une période mouvementée sur le plan politique. La partie de la Belgique située en amont de l’Escaut est aux mains du Comte de Flandre, tandis que le Roi de France règne sur les territoires qui s’étendent au sud du fleuve. Cette scission n’est pas restée sans conséquences pour l’art brassicole. Le Comte de Flandre prônait en effet l’utilisation du « gruut » – un mélange d’épices – tandis que le Roi de France lui préférait le houblon. Il s’agit de bières de fermentation haute vu qu’elles sont brassées à une température de +20°C. Dans la région de Gand, on trouve encore aujourd’hui des bières brassées à base de « gruut ».

Le 19e siècle – le triomphe du froid
Plus tard, avec l’amélioration des techniques de refroidissement, des bières de fermentation basse font également leur apparition : les pils.

La Belgique est le seul pays au monde où les quatre traditions brassicoles qui se sont succédées au fil de l’histoire coexistent jusqu’à ce jour. Des siècles et des siècles de connaissances techniques que nos brasseurs se sont rigoureusement transmis de génération en génération…

2e raison : nous avons endigué l’alcoolisme grâce à la bière
« La deuxième grande raison de la renommée mondiale de la bière belge découle directement du fléau de l’alcoolisme qui a marqué le début du 20e siècle. », poursuit Jef. Si cela peut sembler contradictoire, l’explication est pourtant limpide.

« Après la Première Guerre mondiale, l’abus d’alcool s’est répandu dans le pays. À l’époque, la bière que l’on servait dans les cafés était légère, mais on avait pris l’habitude de faire précéder chaque verre d’un petit verre d’alcool que l’on buvait cul sec. Une habitude qui existe d’ailleurs toujours dans nombre de pays. Le gouvernement de l’époque a voulu bannir le fléau naissant de l’alcoolisme en promulguant en 1922 l'arrêté-loi relatif à la répression de l'ivresse, qui a mis un terme à la consommation de spiritueux dans les lieux publics.

Mais c’est aussi cette initiative qui a amené les brasseurs belges à créer des bières à plus forte teneur en alcool. « Dès 1934, la brasserie Dubuisson lançait une bière à 12° : la Bush que nous dégustons encore de nos jours. »

Dans les années quatre-vingts, le monde a découvert nos bières fortes, et des brasseurs étrangers ont sauté dans la brèche. Mais entretemps, la Belgique s’était déjà forgé une longue tradition dans le brassage de bières fortes. »

3e raison : nous voulons surpasser les Français

La dernière raison est liée à la situation géographique de notre pays. Nos voisins du Sud ont en effet une excellente réputation en matière de gastronomie. La cuisine française et ses vins sont connus dans le monde entier, de sorte que nos chefs et nos brasseurs ont toujours dû lutter contre l’influence de la France.

« Si près de la boisson la plus réputée au monde – le champagne –, il ne faut pas s’amener avec de la piquette », souligne Jef, « il faut créer un breuvage qui supporte avantageusement la comparaison ! ».

En Belgique, nous nous sommes mis à aborder la bière de la même manière que le champagne. La méthode champenoise avec refermentation en bouteille a permis de mettre encore davantage en valeur les saveurs, les arômes et l’effervescence des bières spéciales.

« Mais c’est une méthode délicate. », prévient Jef. « Nombre de brasseurs préfèrent ne pas s’y frotter. » Une fois la levure dans la bouteille, on ne peut en effet plus intervenir, et il ne reste plus qu’à espérer que tout se passe bien. « Si ça foire, tant pis, hein ? », plaisante-t-il. « Il faut avoir le Fingerspitzengefühl, comme disent les Allemands – et ça, les brasseurs belges peuvent se vanter de l’avoir. Nous maîtrisons la technique. »

Conclusion : la Belgique est le pays de la bière 
Tout au long de l’histoire, les brasseurs belges n’ont eu de cesse de peaufiner et de développer leurs techniques de brassage, tantôt par hasard, tantôt par entêtement ou par esprit d’entreprise.

Au moment où le reste du monde a découvert toute la diversité de la bière, la Belgique avait déjà une longueur d’avance impressionnante. Toute la connaissance était concentrée dans notre petit pays – non seulement la théorie, mais aussi la pratique. Les différentes variétés de bière et techniques de brassage ont toujours subsisté chez nous, indépendamment des modes et des caprices du marché.

Et heureusement, car c’est ce qui nous permet aujourd’hui, que ce soit au restaurant, à l’apéro, lors d’une réception ou tout simplement chez soi, de toujours trouver une bière qui convient parfaitement au plat servi et à l’occasion du moment : fraîche, pétillante, amère, acidulée, douce, légère ou riche.  

Jef Van den Steen est une célébrité dans le monde brassicole. Il est zythologue, renommé pour sa connaissance des bières et a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet. Il donne aussi des conférences et brasse avec quelques collègues à la Brasserie De Glazen Toren.

http://blog.fiersdenosbieres.be

 

20. nov., 2017

Les bières trappistes et d’abbaye sont des bières de fermentation haute. Leur taux d’alcool peut varier entre 4.5% et 12%, tout dépend si elles sont « simple », « double » , « triple » ou « quadruple ». Leur couleur est étendue également, entre le jaune doré et le brun foncé. Ces bières sont souvent caractérisées par leurs saveurs épicées et fruitées. Selon la couleur et la torréfaction du malt, des notes caramélisées peuvent aussi être plus ou moins prononcées.

Pourquoi ces deux appellations différentes?

Les Bières trappistes sont produites par des moines cisterciens qui vivent selon la règle de Saint Benoît et son célèbre adage « Prie et travaille ». Dans le monde , seulement 11 bières ont le label « Authentic Trappist Product ». En Belgique, il y en a 6 : Orval, Chimay, Achel, Westmalle, Westvleteren et Rochefort. Les principales conditions pour obtenir ce label sont que la bière doit être brassée par les moines ou sous leur contrôle à l’intérieur de l’abbaye ou à proximité. De plus, les bénéfices doivent être répartis entre les œuvres caritatives et l’entretien de l’abbaye et de ses moines.

Au contraire, les bières dites « d’abbaye » ne sont pas forcément brassées par des moines. En effet, de nombreuses bières dites « d’abbaye » portent le nom d’un monastère ayant disparu. Nous pouvons citer la « Guldenberg » de la brasserie de Ranke ou « l’Abbaye de Forest » de chez Silly. Mais on peut également retrouver des bières d’abbaye produites à proximité d’une abbaye toujours en activité. C’est le cas de Val Dieu, Saint-Martin ou Saint-Feuillien. Dans ce cas, une partie des bénéfices revient à la communauté religieuse. En plus, les moines ont un droit de regard sur l’utilisation du nom de leur abbaye. Ces conditions respectées, le label « Bière Belge d’abbaye reconnus » est apposé sur les étiquettes.

Ainsi, toutes les bières trappistes sont des bières d’abbaye alors que toutes les bières d’abbaye ne sont pas des bières trappistes!

https://www.labierothequebelge.paris/bieres-dabbaye-et-bieres-trappistes/

 

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2. sept., 2017

Suite de la visite à Rochefort avec Chuck Cook et Beergusto. Frère Pierre nous emmène maintenant dans la partie brasserie. Recueillement dans la salle de brassage,

Trappistes de Rochefort avec Chuck Cook - 2ème partie

 

 

 

 

La salle de brassage des Trappistes de Rochefort est un petit bijou. Cuves en cuivre rutilantes, atmosphère solennelle avec les vitraux et l’imposant crucifix au centre de la pièce. Sous ses apparences rustiques, cet outil est en réalité ultra-moderne, tout comme l’ensemble des équipements de la brasserie. Concilier tradition et modernité, évoluer avec son temps; des défis qui se présentent à tous les brasseurs et qui ont aussi franchi les murs du cloître de l’Abbaye Notre-Dame de Saint-Remy. Les moines s’inscrivent résolument dans toutes les démarches qui permettent d’encore améliorer le processus de production. Tendre vers la pureté des bières. Poursuivre un idéal d’excellence.

Le regard du photographe - reportage d'avril 2013

 

 

Fiche signalétique

 

  • Brasserie : Trappistes de Rochefort
  • Localisation : Rochefort, Abbaye Notre-Dame de Saint-Remy (Province de Namur)
  • Gamme : Rochefort 6°, Rochefort 8° et Rochefort 10°
  • Site web : www.abbaye-rochefort.be
2. sept., 2017
By 

A l’invitation de notre ami Michaël Hulet, co-fondateur de Beergusto, nous avons eu le plaisir d’accompagner le blogger américain Chuck Cook dans son périple en Province de Namur. Une occasion unique de visiter les coulisses de l’Abbaye Notre-Dame de Saint-Remy et de la brasserie, guidés par Frère Pierre.

Trappistes de Rochefort avec Chuck Cook - 1ère partie

 

 

 

Chuck Cook est passionné par le patrimoine brassicole Belge. Depuis de nombreuses années, en plus de couvrir l’actualité des incontournables et des Trappistes, il sillonne notre pays en véritable pisteur à l’affût de la moindre nouvelle pico-brasserie. A chaque visite à Rochefort, il est accueilli en ami par Frère Pierre. Impliqué dans la vie de la brasserie, Frère Pierre est énergique et enthousiaste. Il nous emmène au pas de charge dans les couloirs de l’Abbaye, nous dévoile quelques précieux ouvrages de la bibliothèque, passe par le laboratoire s’entretenir avec Gumer Santos l’ingénieur brasseur… Visite à la fois « speed » et dans la sérénité. Un moment de grâce.  

Le regard du photographe - reportage d'avril 2013

 

 

Fiche signalétique

 

  • Brasserie : Trappistes de Rochefort
  • Localisation : Rochefort, Abbaye Notre-Dame de Saint-Remy (Province de Namur)
  • Gamme : Rochefort 6°, Rochefort 8° et Rochefort 10°
  • Site web : www.abbaye-rochefort.be
28. août, 2017

Appellations et contenances des verres à bière

Selon les pays et les régions les appellations et les contenances des verres changent. Voici un petit récapitulatif pratique pour ne pas se retrouver avec des surprises de tailles de verres au bar !

Contenance France Belgique Autre
12.5 cl Galopin    
20 cl   Flute, Hollandais

Galopin (Suisse)
Cana (Espagne)

25 cl Demi, Bock Chope, Pinte Cerveza (Espagne)
33 cl   Gourde Mini (Luxembourg)
47.3 cl    

Pint (Etats Unis)
Pinte (Canada)

50 cl Pinte, Chope, Distingué Demi

Chope, Canette (Suisse)
Pinta (Espagne)

58.8 cl Chopine  

Pint (Royaume Uni, Irlande)
Pinte (Canada)

1 L Formidable, Parfait Litron

Mass (Allemagne)
Litron, Masse (Suisse)

2 L Sérieux    
2.5 L Girafe